Dr Pascal LACLAIRE, installé en 2020 comme médecin salarié à Bourbon-Lancy

Aviez-vous imaginé un jour exercer comme médecin thermal ?

Non je n’avais jamais imaginé exercer la médecine thermale, pour la simple raison que l’exercice de la médecine générale en libéral et en milieu rural me convenait parfaitement, par choix. 

Qu’est-ce qui vous a poussé à envisager cette évolution professionnelle ?

C’est clairement la pénurie de médecin qui a créé un désert médical sur mon secteur. ( 9 médecins ayant exercé toute leur carrière sont partis sans successeur dans un rayon de 10-12 km, sur 18 médecins restants 5 sont sur le point de prendre leur retraite toujours sans successeur ) Exercer dans un désert médical c’est être en permanence sous la pression des patients en recherche de médecin traitant, c’est également avoir moins de correspondants spécialistes disponibles à qui orienter les patients, c’est donc prendre le risque de l’erreur médicale. Quand vous en prenez conscience, vous ne pouvez plus exercer sereinement et le burn-out s’installe à votre insu.

A ce moment là, on vous conseille de déposer les armes !

La perspective d’une reprise d’activité après 11 mois d’arrêt de travail a été un élément important dans mon équilibre. Reprendre contact avec des patients était ce qui me manquait le plus. Après 32 ans d’exercice libéral, le salariat est une véritable source de tranquillité, j’apprécie de n’avoir à m’occuper que de médecine.

Quels sont les avantages de la médecine thermale ?

La médecine thermale est une médecine douce et naturelle plébiscitée par des patients qui sont acteur de leur santé, il s’agit d’un maillon utile dans la prise en charge des malades, qui évite une surconsommation de médicaments, antalgiques et anti-inflammatoires notamment. Les médecins en charge de la formation en médecine thermale seront plus à même d’argumenter à ce sujet. Pour ma part, j’ai constaté pour un nombre important de curistes une amélioration du ressenti douloureux dés la fin de cure,  dans l’orientation rhumatologique. En ce qui concerne l’orientation Maladie Cardio Artérielle, le curiste est particulièrement demandeur d’activité physique et attend beaucoup de sa cure, tant il a compris l’importance du cœur et des artères pour son propre intérêt.

Avez-vous bénéficié de facilités d’installation ?

En tant que salarié de l’établissement thermal, je n’ai  pas eu d’installation à proprement parlé, mais tous les moyens ont été fournis à l’équipe médicale pour remplir pleinement sa fonction auprès des patients: consultation de début de cure, prescription des soins thermaux, suivi de milieu de cure et synthèse en fin de cure.

L’équipe thermale s’articule autour d’un secrétariat très efficace, nous étions 4 médecins ( 2 ETP et 2 temps partiel) , 3 étaient titulaires du diplôme de Médecine Thermale dont 1 avait plus de 30 ans d’expérience. En ce qui me concerne j’ai appris la médecine thermale au contact de mes collègues et j’ai apporté mon expérience de 32 ans de médecine générale. Une présence régulière au niveau des soins thermaux à tour de rôle, a permis un contact avec l’infirmière et avec les opératrices de soins.

Donc travail d’équipe autour du curiste et pour le bien-être du curiste.

Qu’auriez-vous envie de dire à un confrère hésitant à franchir le pas ?

 La charge morale du suivi de la santé de patients de A à Z  et durant de longues années est très lourde, savoir que nous avons en charge la santé du curiste durant 3 semaines est moins lourd. Nous avons le temps de répondre à la demande d’explication et de dispenser nos conseils.

Bien sûr il s’agit d’un travail saisonnier, 8 mois sur 12, il faut donc avoir une activité complémentaire (remplacement de confrères très demandeurs en ce moment) ou approcher de la retraite.

Je peux dire que j’y ai trouvé mon bonheur.